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Des paramédics aux nerfs d'acier



Source : Le Journal de Montréal - Appelants paniqués, situations explosives au bout du fil, courses folles sur des routes bondées. Le sang-froid des ambulanciers et des répartiteurs médicaux d'urgence (RMU), qui sont en pleine pénurie d'effectif, est chaque jour mis à rude épreuve.

Le Journal a partagé quelques heures du quotidien rocambolesque des employés des Services préhospitaliers Laurentides-Lanaudière, qui n'est visiblement pas de tout repos. Ils font continuellement face à l'imprévu.

En route
«10 Delta 1 au palais de justice de Saint-Jérome», dit la voix dans l'appareil radio. Un premier appel pour les paramédics Julien Presseau et Marie-Josée Proulx. Il s'agit d'une douleur thoracique associée à une détresse respiratoire grave. L'ambulance démarre en trombe et quitte le stationnement de Mirabel sirène et gyrophares ouverts.

Elle zigzague à toute vitesse entre les voitures, qui ne semblent pas toujours pressées de se ranger. «Ça n'arrive pas avec les pompiers ou la police, lance l'ambulancière. Les gens ont plus de respect, ils se tassent assez vite.»

Au palais de justice, l'équipe revêt des gants, empoigne civière et oxygène et marche à grands pas vers le patient, qui s'est senti mal en livrant son témoignage.

On le transporte à l'hôpital, moins vite. Son état est stable. Marie-Josée Proulx explique son historique à une infirmière pendant que son collègue désinfecte tout l'équipement.

Ils attendent ensuite leur prochain appel durant une heure. «Parfois, c'est plus tranquille, mais il arrive qu'on n'ait même pas le temps de manger», assure Julien Presseau, qui peut traiter cinq ou six patients en un quart de huit heures.

RMU
La vie des RMU n'est pas plus calme. Dans son bureau de Mirabel, la petite équipe de cinq répondants prend appel après appel. (Ils en reçoivent en moyenne 200 par jour.) «Ambulance ? Quelle est l'adresse de l'urgence?» Serge Patry lit la question sur son écran et entre la réponse dans l'ordinateur. «Racontez-moi exactement ce qui s'est passé.»

Une femme fait une crise d'épilepsie chez un concessionnaire automobile. L'ambulance se met en route.

Puis, un homme se sectionne trois doigts dans un chantier. «Ils ont retrouvé les bouts», lance un RMU. Un squatteur retrouvé dans un placard a besoin d'aide. Puis une autre crise d'épilepsie, un choc anaphylactique, une chute de pression...

[ 07-05-2008 ]





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