
Source : Le Journal de Montréal - Le programme d'aide aux devoirs lancé en grande pompe au coût de 20 M$ par année connaît certains ratés. Plusieurs directions d'écoles sont incapables de trouver des profs prêts à travailler... à peine une heure par jour.
«Les enseignants ne sont pas intéressés à se déplacer dans ces conditions», lance Serge Morin, président de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement (FQDE).
Devant le peu de profs dûment accrédités prêts à travailler environ cinq heures par semaine, certains directeurs ont tout simplement dû se résigner à embaucher des gens qui n'ont pas toutes les compétences requises.
«Ça arrive qu'on prenne des gens qui n'ont pas le permis», avoue M. Morin, ajoutant que certaines écoles n'arrivent même pas à dépenser les subventions pour l'aide aux devoirs faute d'enseignants.
Selon un rapport d'enquête du MELS sur le programme d'aide aux devoirs dévoilé hier, le manque de personnel qualifié est d'ailleurs la principale préoccupation des directions d'école, des commissions scolaires et des présidents de Conseils d'établissement.
Le programme d'aide aux devoirs, qui a été lancé au printemps 2004, vise à favoriser la réussite et prévenir le décrochage.
Pas moins de 50 M$ ont été investis jusqu'à présent dans le projet, qui a permis à près de 2000 écoles de se doter d'un service d'aide aux devoirs après les cours.
Des massages pour apprendre
Le programme du MELS d'aide aux devoirs ne finance pas que les activités pédagogiques classiques.
Des subventions gouvernementales ont notamment servi à payer des cours de «détente et de concentration par la massothérapie», peut-on lire dans le rapport dévoilé hier.
«Ça peut être une période de détente offerte aux jeunes entre la fin des classes et le début de l'aide aux devoirs», a expliqué Stéphanie Tremblay, porte-parole du MELS.
[ 13-05-2008 ]