
Source : Le Journal de Montréal - Loin de ralentir comme c’est le cas aux États-Unis, l’industrie de la construction montre une vitalité qui ne se dément pas, au point où sa croissance sera plus «forte que prévu en 2008», selon la Commission de la construction du Québec (CCQ).
«Nous pourrions atteindre en 2008 le sommet des sommets, avec 130 millions d’heures travaillées», a confié hier au Journal de Montréal le porte-parole de la CCQ, André Martin.
Il constate que l’année a démarré «en lion» avec une augmentation de 14 % des heures travaillées (8,2 millions) en janvier et février.
«Nous ne voulons pas faire de prédictions, mais si la tendance se maintient, on connaîtra, une fois de plus, une très bonne année. L’industrie de la construction tourne à plein régime», ajoute le porte-parole.
Cette vigueur est observée sur l’ensemble des chantiers. La construction résidentielle - qui devait chuter de 9 %, selon les estimations de la CCQ - est en progression.
L’activité est soutenue dans l’institutionnel et le commercial, le génie civil et la voirie, de même que dans l’industriel.
«On s’étonne de voir les chantiers maintenir la même cadence, après sept ou huit années de croissance.
«Normalement, l’industrie ralentit quelque peu. Ce n’est pas le cas. Les investissements sont nombreux dans tous les secteurs», observe André Martin.
En 2007, avec 126,3 millions d’heures travaillées, les investissements publics et privés (annoncés) ont totalisé 36 milliards de dollars.
En 2008, ces investissements devraient atteindre 38,9 milliards.
Embauche de travailleurs
Les entrepreneurs ne se plaignent pas de cette forte activité, mais plusieurs ont du mal à trouver de la main-d’oeuvre compétente sur leurs chantiers.
L’an dernier, environ 13 500 nouveaux travailleurs de la construction ont été embauchés, et on s’attend à ce que 14 000 autres «recrues» viennent grossir les effectifs, qui atteignent 135 000 travailleurs syndiqués contre 85 000 il y a 10 ans.
«Cette industrie attire un plus grand nombre de jeunes (ceux qui sortent de l’école avec un métier ont 24 ans, en moyenne).
«Mais la construction constitue un bon débouché pour ceux qui arrivent du manufacturier ou de l’industrie de la forêt. C’est une main-d’oeuvre très appréciée, volontaire», fait valoir le porte-parole de la Commission de la construction.
Un an avant les négos
Le contexte favorable sur les chantiers devrait faciliter les prochaines négociations (avec les patrons de la construction), selon le directeur général du Conseil provincial (International), Donald Fortin.
Il se propose en outre d’amincir les quatre conventions collectives (d’environ 150 pages chacune) pour faciliter les négociations.
«Nous traînons l’héritage d’anciens décrets. C’est lourd. Les entrepreneurs qui ont moins de 3 employés (dans 85 % des cas) ne s’y retrouvent pas, pas plus que les travailleurs», ajoute-t-il.
Les contrats de travail expirent le 30 avril 2010, mais la négociation débutera un an avant l’échéance, comme c’est la pratique courante.
Donald Fortin était fier d’annoncer hier qu’un syndicat indépendant (le Syndicat québécois de la construction) s’était joint à l’Alliance syndicale (dont font partie la CSD-Construction et la CSN-Construction).
«Ça nous donne un taux de représentativité de 56 % contre 44 % pour la FTQ-Construction. Ce syndicat est plus isolé que jamais», a soutenu le directeur général du Conseil provincial.
On risque d’entendre cogner du marteau dans les syndicats au cours de la prochaine année.
En 1975-1976, avec la construction du stade olympique et les barrages de la Baie James, il s’était travaillé 155 millions d’heures sur nos chantiers...
[ 22-05-2008 ]