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Les réalisateurs de télé ont un contrat de travail... après 18 ans d'attente



Source : PC - Les réalisateurs de productions télévisuelles du Québec ont désormais un contrat de travail, après 18 ans d'attente.

C'est en effet en 1990 que s'étaient amorcées les négociations entre l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec et l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec.

Le contrat de travail a finalement été imposé le 30 mai dernier par un arbitre, celui-ci reconnaissant que les réalisateurs, isolés, n'arrivaient pas à établir de rapport de force face aux producteurs.

L'entente prévoit notamment une rémunération minimale, des redevances liées aux droits de suite, la reconnaissance du statut et de l'autorité des réalisateurs ainsi qu'une contribution des producteurs à un régime de retraite et à un régime d'assurances.

Sur les plateaux, les réalisateurs étaient les seuls à ne pas disposer d'entente. Il n'était pas rare qu'ils soient moins bien payés que les techniciens, maquilleuses, directeurs de photo et autres employés pourtant sous leur direction.

«C'est une victoire. Malheureusement, elle arrive tard, parce que je pense - et l'arbitre le dit aussi - que ça aurait dû être négocié bien avant», a déclaré en conférence de presse, lundi, le procureur de l'Association des réalisateurs, Me Clément Groleau.

L'Association des réalisateurs note que, dans les pires cas, certains réalisateurs avaient été payés 10,95 $ l'heure pour l'ensemble d'une production. De plus, ils étaient fréquemment exclus des salles de montage, se voyant ainsi privés d'imprimer leur vision à un tournage qu'ils avaient dirigé.

«À quoi ça sert de tourner des images si on n'a pas la vue sur l'ensemble de l'oeuvre?», a demandé François Côté, réalisateur et assesseur pour l'Association.

«Dans beaucoup de cas, il y a des réalisateurs qui vont reprendre possession de leur travail en étant en mesure de faire le montage», a-t-il ajouté.

De même, les réalisateurs n'avaient droit à aucune redevance, n'étant pas reconnus comme auteurs des oeuvres au même titre que les autres participants à la production.

«Ce qu'on a fait par cette entente collective, c'est de tenter de professionnaliser ce métier (...) en lui donnant ses lettres de noblesse, en le mettant dans la hiérarchie d'une production à l'endroit où il devait être», a dit Me Groleau.

La décision arbitrale, qui est entrée en vigueur le 1er juin, est sans appel, bien qu'elle puisse à la rigueur être contestée sur la base de certains éléments de droits périphériques. L'Association des réalisateurs note toutefois que tous ses éléments fondamentaux sont inattaquables et estime qu'une contestation par les producteurs ne serait rien de plus qu'une démonstration de mauvaise foi et une nouvelle tentative d'obstruction.

Il reste encore à négocier certains éléments entre les parties, dont un contrat-type.

«On souhaite que les producteurs vont cesser cette bataille qu'ils ont faite pendant 18 ans et que maintenant ils se disent : voici, on a une entente collective, on l'applique et on s'ajuste», a déclaré Me Groleau.

[ 09-06-2008 ]





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