
Source : PC - La situation ne cesse de se détériorer aux soins intensifs des hôpitaux de Montréal depuis cinq ans, à tel point qu'il faut fermer des lits, faute d'infirmières. Et ça risque d'être pire cet été, selon ce que rapporte le quotidien La Presse jeudi.
Par exemple, une aile complète de l'hôpital Notre-Dame à Montréal, soit une dizaine de lits flambant neufs de cette unité de soins intensifs sont inutilisés depuis avril dernier.
Le chef du service des soins intensifs du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), le Dr Tudor Costachescu qualifie la situation de «désastre», précisant qu'on se dirige tout droit vers une crise.
Au CHUM, seulement 33 des 58 lits de soins intensifs sont ouverts. l'hôpital du Sacré-Coeur, 20 lits sur 34 le sont. L'hôpital Sainte-Justine n'est pas épargné non plus. Là-bas, seulement 12 des 30 lits sont ouverts.
Ces fermetures de lits aux soins intensifs ne sont pas sans conséquence. La chef du service des soins intensifs de l'hôpital Sainte-Justine, la Dre Marisa Tucci, explique que cela oblige l'annulation de plusieurs chirurgies qui demandent un séjour aux soins intensifs. Cette année, 124 interventions chirurgicales ont été annulées à Sainte-Justine, contre 63 en 2006.
«La principale cause de la fermeture de lits aux soins intensifs, c'est la pénurie d'infirmières», affirme le Dr Costachescu. Un avis partagé par ses collègues des autres hôpitaux universitaires de Montréal interrogés par La Presse.
Il soutient que travailler aux soins intensifs, est particulièrement difficile en raison des cas plus lourds. Puis, on en demande toujours plus aux infirmières, dit le Dr Costachescu, qui croit que plusieurs trouvent ça trop exigeant.
Au CHUM, 17,1 % des infirmières travaillant aux soins intensifs quittent leurs fonctions après un an. La rétention est meilleure dans les petits établissements.
[ 19-06-2008 ]