Trouvez un article

Rechercher

Humoriste : un métier pour devenir millionnaire?



Source : Argent - Des pubs qui rapportent jusqu'à un demi million de dollars, des représentations de spectacle qui se tarifent entre 500 $ et 2000 $ chacune, et des animations de soirée qui vont jusqu’à 20 000 $. Alors que se déroule le festival Juste pour rire, la question est toujours d’actualité : payant d’être humoriste au Québec?

Dévoilés à l'occasion de la série Humour PQ, il y a environ deux ans, les chiffres cités plus haut sont toujours d'actualité, indique André Ducharme qui en avait alors assuré l'animation.

Le rire fonctionne au Québec. Il attire plus d’un million de spectateurs par année, génère des recettes de 40 M $ et crée près d’un million d’emplois.

Plein de millionnaires alors? Ça, c’est moins sûr, estime cependant André Ducharme.

Il y en a, confie-t-il (les Matte, Deschamps ou encore Dion), mais ils ne sont pas légion, loin de là. Pour preuve, André Ducharme qui considère avoir fait une carrière plus qu'honorable dans la profession, ne fait pas partie de ce cénacle.

«Il est certain que les sommes dévoilées dans la série sont impressionnantes, mais elles sont trompeuses», juge l'initié. «Quand l'humoriste développe son spectacle pendant deux ans, il ne touche rien. De plus, il n'a pas droit ni au chômage, ni au fond de retraite, ni aux bénéfices sociaux», explique-t-il.

À quelques rares exceptions, les humoristes ne font pas plus d'argent que vous et moi, jure-t-il : «J'en connais qui depuis 15 ans font des shows dans des bars trois fois par semaine à 250 $ la représentation».

Un constat confirmé par une récente étude maison réalisée par l'École nationale de l'humour auprès de ses finissants des 20 dernières années. L’établissement a notamment vu passer Louis-José Houde, Claudine Mercier, et Jean-Marc Parent.

On y apprend que 83 % des diplômés des cinq dernières années gagnent entre 0 et 40 000 $. Pour ceux qui ont fini depuis plus de dix ans, le revenu moyen de la dernière année se situe entre 41 000 $ et 75 000 $. Seule donnée rassurante, 81 % des diplômés actifs de l'école travaillent toujours dans l'humour.

Il faut reconnaître aussi que la longévité d'un humoriste est rarement celle d'un salarié ordinaire d’abord pour des raisons familiales. «J'en suis un bon exemple. Passé 35 ans, tu ne veux pas être toujours dans tes valises», dit André Ducharme.

L'épuisement n'est jamais loin non plus. «Le Québec est un petit marché. Sur une période de 15 ans, un artiste devra créer quatre spectacles originaux alors qu'en Europe ou aux États-Unis, il peut tenir 10 ans avec le même», relate-t-il. Après 40 ans, sonne l'âge de la reconversion. Suite à la séparation de RBO en 1994, André Ducharme s'est donc recyclé entre autres, dans la scénarisation et comme animateur de radio.

En définitive, Louise Richer, la directrice générale de l'École nationale de l'humour, s'étonne que la profession soit perçue comme un milieu fortuné. «Tous ceux qui réussissent bien comme dans n'importe quel milieu artistique ont des cachets en fonction de la notoriété. C'est la même chose pour les humoristes», dit-elle.

«Personne ne se scandalise qu'il y ait des chanteurs millionnaires au Québec», lâche André Ducharme en guise de conclusion.

[ 02-07-2008 ]





guide de survie



En moyenne, combien d’heures de travail supplémentaires effectuez-vous par semaine?








Résultats