
Source : ACMMSM, Mercer - Un sondage réalisé auprès de 450 entreprises au Canada par Mercer Human Resource Consulting, de concert avec l'Alliance canadienne pour la maladie mentale et la santé mentale (ACMMSM), a révélé que les questions de santé mentale préoccupent de plus en plus les employeurs.
Près de 80 % des répondants ont signalé que les questions de santé mentale ont pris une importance plus marquée qu'elles n'en avaient il y a trois ou cinq ans. On estime que la maladie mentale entraîne chaque année au Canada la perte de 35 millions de jours de travail. De plus, la faible productivité découlant de problèmes liés à la maladie mentale représente des coûts importants pour les employeurs.
Les répondants, dont 85 % sont des représentants de services de ressources humaines, ont indiqué que seulement 13 % des cadres supérieurs sont très sensibles aux répercussions des problèmes de santé mentale sur l'organisation.
«D'une part, les questions liées à la santé mentale occupent une place importante dans les priorités des ressources humaines; d'autre part, la haute direction de l'organisation est peu sensibilisée à ces problèmes, ce qui crée une situation préoccupante, indique Anne Nicoll, de Mercer. Les connaissances et la détermination des dirigeants à réagir sont essentiels pour régler ces problèmes. La majorité des répondants qui ont signalé une grande sensibilisation de la haute direction ont précisé que cette situation est attribuable à la présence d'une personne parmi les hauts dirigeants qui saisit l'importance de cette question.»
Près de la moitié (47 %) des répondants ayant indiqué aucune ou une certaine sensibilisation chez les hauts dirigeants n'envisagent aucune mesure ou ne savent pas ce qu'ils feront pour sensibiliser davantage la direction. Selon Anne Nicoll, «le fait que l'on ne se soucie pas suffisamment de mesurer les répercussions des problèmes de santé mentale sur le travail pour effectuer une analyse de rentabilisation qui justifierait les moyens à prendre pour les régler constitue le plus grand obstacle à l'appui des dirigeants. Seulement 22 % des répondants ont indiqué qu'ils mesuraient les répercussions des problèmes de santé mentale. Parmi ceux qui le font, les deux mesures le plus souvent mentionnées sont les statistiques sur les demandes d'indemnité pour invalidité et le recours aux services d'aide aux employés. Cela signifie que les cas des employés qui n'ont pas recours à ces programmes ne sont pas pris en compte.»
Les deux tiers des répondants semblent sous-estimer la fréquence des maladies mentales en milieu de travail. Selon une étude menée récemment par l'Agence de la santé publique du Canada, on estime que 13 % de la population adulte canadienne est atteinte d'une maladie mentale, diagnostiquée ou non. Cependant, lorsqu'on les a interrogés à propos de la fréquence de la maladie mentale en milieu de travail, 46 % des répondants ont signalé que 5 % ou moins de leurs employés sont aux prises avec la maladie mentale au cours d'une année, et 22 % des répondants ont situé cette fréquence entre 5 % et 10 %.
La majorité des répondants a indiqué que les démarches visant à améliorer la répartition de la charge de travail et le soutien social au travail sont insuffisantes. Philip Upshall, de l'ACMMSM, souligne l'importance des mesures de prévention visant à faire contrepoids aux facteurs du milieu de travail ayant une incidence sur la santé mentale. «Les hauts dirigeants qui se préoccupent des questions de santé mentale jouent un rôle essentiel pour provoquer des changements dans le milieu de travail. Or 54 % des répondants ont indiqué un manque de sensibilisation des gestionnaires et des supérieurs de premier niveau et 57 % ont souligné que les problèmes de santé mentale ne sont pas traités sur un pied d'égalité avec les problèmes de santé physique par les gestionnaires de premier niveau.»
Un total de 452 personnes, représentants de services de ressources humaines et dirigeants d'entreprise, ont participé au sondage en ligne entre le 17 avril et le 9 mai 2008. Les participants représentaient des entreprises de divers secteurs d'activité et de tailles variées au Canada, allant des organisations comptant moins de 100 employés à celles comptant plus de 5000 employés.
[ 15-07-2008 ]